Tatoueurs, tatoués

C’est au tatau polynésien observé au XVIIIe siècle par l’équipage européen du capitaine Cook que le tatouage doit son nom. L’évolution de cette pratique est faite d’échanges entre pays, entre marges et courants dominants, entre centres et périphéries. Surexposé par le développement d’internet et l’intérêt que lui portent les médias depuis dix ans, le tatouage écrit aussi son histoire contemporaine au rythme du perfectionnement technologique.

L’exposition suit tatoueurs et tatoués à travers les époques et les continents, pour retracer les rencontres qui ont fait du tatouage une forme artistique et un phénomène global. La pratique, jadis omniprésente comme marqueur ritualisant dans les sociétés traditionnelles, y fut éradiquée par la colonisation.
Réduit dans certains pays à sa fonction punitive, le tatouage s’est marginalisé. Il s’est malgré tout perpétué jusqu’à devenir au XIXe siècle objet de fierté et matière à spectacle.
Les échanges internationaux entre une poignée de tatoueurs activistes ont permis de développer les codes et les techniques du tatouage contemporain.
Au cours de ce voyage à travers tous ses usages rituels, magiques ou sociaux, on voit le tatouage s’affranchir en tant que pratique artistique.
Tatoueurs, tatoués témoigne de l’effervescence d’une histoire contemporaine en plein mouvement.

 

Le tatouage dans sa dimension mondialisée

La collection contemporaine du musée du quai Branly – Jacques Chirac

Unique dans le domaine des musées, la collection contemporaine dédiée au tatouage est née en 2017. Lors de la première présentation de l’exposition à Paris en 2014-2015, les plus éminents tatoueurs actuels avaient été conviés à faire œuvre sur des répliques corporelles en silicone. À chaque étape de présentation à travers le monde, l’exposition s’enrichit de nouveaux volumes commandés à des tatoueurs de différentes nationalités.

Le musée du quai Branly – Jacques Chirac a choisi pour sa collection les plus importants d’entre eux, entre héritage et renouvellements créatifs. Ces volumes tatoués en silicone constituent un nouveau jalon dans la collection, aux côtés d’objets, de dessins, gravures et photographies qui attestent des pratiques anciennes du tatouage sur tous les continents. Ce qui relève de l’inscription éphémère sur l’épiderme d’un individu se voit ainsi préservé, étudié et valorisé, afin de faire découvrir au plus grand nombre l’histoire et l’esthétique du tatouage.